Peur de grossir ?

Dans cet article, je m’attaque à un gros morceau : la peur de grossir.
Laisse-moi te donner quelques clés pour te débarrasser de ce sentiment que, probablement, tu connais bien.

Cette peur qui envahit tes pensées, qui dicte tout ce que tu peux ou ne peux pas faire, qui te dit quoi manger, qui te crie « fais plus de sport ! », « attention, tu vas grossir ! »

Bref, tu l’auras compris, la peur de grossir peut entraîner des comportements très malsains envers ton corps et ton alimentation, c’est pourquoi l’éradiquer peut réellement changer ta vie.



1- La peur de grossir en recouvre d’autres, plus profondes…

… et plus intenses.
Avoir peur de grossir va souvent beaucoup plus loin que craindre de devoir changer sa garde-robe.
Dans la plupart des cas, c’est redouter l’abandon, le rejet, le fait de ne plus plaire.
Sentir que si l’on est moins bien dans son corps, que si l’on est moins conformes aux standards de beauté, de santé, on sera peut-être moins aimé.e, moins estimé.e.

La peur de grossir, c’est l’angoisse viscérale de ne plus être acceptée en tant que personne si l’on n’a pas le corps parfait, ou une version qui s’en approche.

L’idée de prendre quelques kilos et de devoir s’acheter une nouvelle robe n’est pas ce qui te hante au quotidien : ce sont des peurs bien plus profondes, qui peuvent faire écho à des blessures, des représentations psychiques très profondément ancrées en toi.

Si, depuis l’enfance, tu associes le fait de grossir avec l’abandon et le rejet, le dégoût, le fait de ne plus plaire aux gens, alors malheureusement, tu as intégré la diet culture, ou culture du régime.

La plupart des individus en Occident, et en particulier les femmes, ont grandi et évolué avec l’idée qu’un corps mince a plus de valeur qu’un corps gros.
Grossir devient alors le pire échec que l’on puisse rencontrer dans la vie, et la perte de poids une manière d’améliorer son statut social, son estime de soi, sa valeur.

Le problème avec cette culture, ce n’est pas le fait de vouloir bien manger ou faire de l’exercice physique. Si la diet culture se résumait à cela, elle n’aurait rien de malsain.

Le problème, c’est qu’elle diabolise les aliments gras, salés, sucrés, comme s’ils étaient la pire chose que l’on pouvait ingurgiter.

Elle diabolise les corps gros, et fait percevoir la prise de poids comme un grave échec.

Elle en fait un facteur de détestation et de rejet de l’individu, tant par lui-même que par les autres.

ATTENTION :
Dans certains cas particuliers, notamment les cas d’anorexie mentale, grossir peut être perçu de manière très différente : cela peut évoquer le fait d’être attirante, d’exister pleinement, d’attirer l’œil, d’avoir des formes, de devenir une femme.
La peur de grossir révèle toutes sortes de peurs.
D’un individu à l’autres, les perceptions peuvent même se contredire, ce qui montre bien à quel point cette peur est profondément subjective.

Quoi qu’il en soit, avoir peur de grossir, ce n’est pas simplement voir son corps changer.
Cela interroge la personne que l’on est dans le monde qui nous entoure, la place que l’on a dans la société.

Parce que l’humain est un être social, un être qui vit en communauté :
le fait de plaire ou d’être rejeté est une notion réellement fondamentale, une question de survie.
On est bien loin de la futilité d’un changement de garde-robe.

2- Vaincre la peur de grossir, c’est retourner à ton corps, faire équipe avec lui

Une fois entré.e dans le processus de déconstruction de cette peur, tu as besoin de retourner à ton corps, de le retrouver comme tu retrouverais ton meilleur ami.
Car ton corps n’est pas ton adversaire : il dans ton équipe.
Tes choix concernant l’alimentation et le sport, s’ils supportent ton bien-être, ne vont pas se retourner contre toi !

Les pensées obsessionnelles qui te font visualiser ton corps comme une entité à qui tu ne peux pas faire confiance, qui fait n’importe quoi si tu lui donnes un peu de liberté, sont de fausses croyances.
Des éléments inculqués, intégrés dans ta réalité à force d’être ressassés.

En réalité, ton corps est une merveilleuse machine, un métabolisme très subtil, un système digestif complexe… crois-moi, les choses ne sont pas aussi simples que l’on pourrait le faire croire.
Le fait d’ingérer un peu plus de calories qu’on en dépense dans la journée ne fait pas forcément prendre du poids

Tu as besoin de réapprendre à faire confiance à ton corps, à l’écouter, à te connecter à lui, tout simplement.

Souvent, les personnes qui ont peur de grossir ne font pas du tout du tout confiance à leur corps. Elles ont l’impression que si elles mangent un donut, elles vont prendre 4 kg.
Arrête de croire que ton corps ne sait pas faire.
Ton corps sait s’adapter, ton corps sait gérer
ce genre de prose alimentaire.

3- Désamorcer les jugements à l’emporte-pièce

Afin de dénouer les mécanismes de la peur de grossir, il est crucial d’arrêter toute forme de jugement hâtif, sur les autres comme sur toi-même.

La bienveillance est au cœur du problème de la peur de grossir.

Si tu critiques les autres, intérieurement ou extérieurement :
« Tiens elle est grosse, elle a dû manger trop de glace » ; « Tiens, elle a de la cellulite, elle devrait prendre soin d’elle. »…
Tu continues d’intégrer et de renforcer le système de croyances de la diet culture. Tu persévères dans ces pensées qui détruisent ta liberté et ton estime de toi.

Si ton discours intérieur lorsque tu rencontres quelqu’un de gros est « il/elle ne prend pas soin de lui/elle », « il/elle n’a pas de volonté », « il/elle ne fait pas de sport », « il/elle est en mauvaise santé », sache que ces croyances ne reposent sur rien d’autre que tes propres insécurités.
On ne sait jamais ce qui se passe dans la vie des autres humains.
On ne peut pas savoir comment ils se comportent face à l’alimentation, ce qui est arrivé dans leur passé.

Arrêter de juger les autres t’incite à arrêter de te juger toi-même.

Comprendre que les autres aussi ont une vie, un passé, une expérience avec l’alimentation, peut te faire gagner en bienveillance envers toi-même.
Très souvent, la manière dont on juge les autres reflète la manière dont on se juge soi-même.


Intégrer de la bienveillance envers les autres, c’est en intégrer envers soi.

4- Déjouer la peur de grossir, ce n’est pas encourager la prise de poids

Je ne prône pas l’obésité, je ne prône pas la prise de poids.
Ce que j’exprime, c’est l’idée qu’être obsédé.e par cette prise de poids et pas cette peur de grossir est malheureusement contre-productif.

Que cela entraîne des comportements malsains et obsessionnels.

Lorsque tu arrêtes d’avoir peur des araignées, y a-t-il un plus grand risque de voir 150 araignées débarquer d’un coup dans ta chambre ?

Non, bien sûr.


C’est la même chose avec la peur de grossir : arrêter de crisper toute ton attention sur la prise de poids ne va pas te faire prendre 15 kilos instantanément.

5- « Oui mais grossir, c’est mauvais pour la santé » ?

Pour beaucoup de monde, grossir ne signifie pas être obèse.
Prendre trois ou quatre kilos ne conduit pas immédiatement et irrémédiablement à l’obésité, loin de là.

D’ailleurs, pour un certain nombre de lecteurs sur ce blog, la prise de poids est une question de (sur)vie.

Il y a ici beaucoup de personnes atteintes d’anorexie, ou de boulimie, mais qui sont en sous-poids, qui ne se nourrissent pas suffisamment ou compensent leurs prises alimentaires par des purges, des laxatifs, du sport à outrance…


Donc non, prendre du poids n’est pas forcément mauvais pour la santé.

De manière générale, la santé n’est pas toujours ce que tu crois.
Elle est à la fois mentale, physique, émotionnelle, spirituelle… beaucoup de ces aspects sont aujourd’hui trop souvent laissés de côté.

6- Ta valeur ne réside pas dans ton corps

Si aujourd’hui, toute ta confiance en toi repose sur ton apparence physique, toute ton estime de toi sur à quoi tu ressembles, alors il y a un véritable problème.
Si tu penses que perdre un peu de muscle ou prendre un peu de gras va forcément diminuer ta valeur, alors il y a quelque-chose dans ton système de croyances qui ne tourne pas rond.

Ta valeur ne réside pas dans ton apparence physique, dans ton corps en tant qu’objet, mais dans ce que tu apportes au monde, dans ce que tu fais, ce que tu dis, ce que tu partages avec les autres, ce qui te passionne.

Attention, je ne dis pas que prendre du muscle ou avoir des objectifs physiques est un mal en soi.
Mais si cela vient en réponse à une obsession du corps, à une angoisse face à la prise de poids, si cela provoque des comportements malsains envers ton corps, alors ces objectifs physiques sont à renégocier, à abandonner, ou à aborder différemment pour retrouver une santé globale et une vraie liberté d’exister.

J’espère que cet article t’aura permis de prendre du recul et de la hauteur par rapport à la peur de grossir, par rapport à la société dans laquelle nous vivons, par rapport à ton comportement face à ton corps et face à ton alimentation.

Prends soin de toi,

A la prochaine !

Myriam

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